08 juin 2012

Dust On The Bible

Le groupe B est de loin le plus intéressant de la compétition. Décrit un peu partout comme « le groupe de la mort », il est composé d’équipes prestigieuses, bien que parfois à bout de souffle. (Le passé prestigieux ne suffit pas : qui attend encore un bon disque de Viol, de Ringo Starr ou d’Amy Winehouse?) Si on analyse froidement, sans affect, sans biais, les effectifs en question, le dénouement est limpide. Le Danemark est l’équipe la plus faible du groupe. Des esprits taquins les voient réitérer l’exploit de 1992,... [Lire la suite]
Posté par Ernesto Violin à 16:33 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , ,

07 juin 2012

You Killed Your European Son

L’essence même de la création artistique a été résumée par Dennis Bergkamp dans un article récent de So Foot. L’ange batave y confessait son amour des passes décisives, ces ouvertures millimétrées que personne ne pouvait voir sauf lui, qui n’existent que quelques millièmes de secondes au milieu du mouvement général, et qu’il pouvait sentir avant tout le monde. Qu’est-ce que le processus de création, si ce n’est une attention constante portée au mouvement de l’esprit, au tumulte des pensées, dans le but d’y trouver une brèche, une... [Lire la suite]
Posté par Ernesto Violin à 16:46 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , , ,
13 avril 2012

Sympathy For The Devils

Pour qui voter, hein ? Je l'avoue, il n’est pas facile de trancher, car tous les candidats me plaisent. Tous autant qu’ils sont, ils se sont montrés à la fois brillants, honnêtes, cultivés, passionnés par la France et sa longue tradition littéraire, dignes dans la tragédie, lucides quant à notre situation économique — et surtout, tous, à l’écran, je les trouve sympathiques. Je pourrais sans hésitation leur confier les cordons de ma bourse ; c’est d’ailleurs ce que tout le monde va faire d’ici trois semaines. Bref, mon coeur... [Lire la suite]
Posté par Ernesto Violin à 18:35 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
Tags : ,
07 décembre 2011

Le Clasico vu depuis Sarabande

Sarabande. Voilà un vrai village de la France profonde que l’Unesco n’inscrira jamais à son patrimoine. Trop commun, trop vulgaire, pas assez de patine ; il manque trop de dents au cheval pour espérer séduire la secte des Musées. Les rues sont vides, les gens sont vieux et mal habillés. Depuis qu’on ne peut plus boire avant de conduire, le club de foot local — la Juventus de Sarabande, division d’honneur — cherche des subventions, des supporters, une charnière centrale et quelqu’un pour gonfler les ballons. On ne trouve même pas... [Lire la suite]
Posté par Ernesto Violin à 19:25 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
Tags : , , , ,
08 septembre 2011

Le Onze de Départ

En réaction à l'article de mon ami aigri, voici une version personnelle des onze meilleures chansons françaises du monde. Le classement est biaisé, imparfait, parfois de "mauvais goût" (?) et pourtant... Quelques grands chanteurs sont restés sur le banc (Murat, Miossec, Ferrer, Barbelivien), mais toute sélection nécessite des sacrifices, et dans l'intérêt du collectif, il fallait écrémer. L'équipe se tient, au final, et peut affronter sans rougir les armadas anglo-saxones. Dans ce genre d'article, la tentation est grande de dire du... [Lire la suite]
Posté par Ernesto Violin à 17:42 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
13 avril 2011

Reggiani, 3/6

1. Le Pont Mirabeau Un homme au regard usé récite un poème d'Apollinaire sous la pluie. Tout Grand Corps Malade se trouve déjà ici, en plus gominé. Note : B 2. Le Premier Amour Du Monde Les deux premiers amants de l'Histoire ne connaissaient pas le PACS, le planning familial, ou Facebook, et pourtant leur innocence a inondé le monde. Tout ce qui est venu par la suite n'était qu'une pâle tentative pour reproduire la pureté originelle, mais après Adam et Eve, il n'y avait déjà plus rien à dire. Note : A 3. Les Mensonges d'Un... [Lire la suite]
Posté par Ernesto Violin à 22:37 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags :

19 mars 2011

Reggiani, 2/6

1. Ballade Pour Un Traître Le John Wesley Harding de Reggiani. Ici la figure du bandit idéalisé est celle du traître, Judas Iscariote (plus chargé en symbolisme qu’Eric Besson.) Une flûte gorgée de chagrin et d’écho nous plonge droit en Judée, au temps du christianisme balbutiant. Mais l’Histoire est changée : on ne sait comment, le crime est commandité par une femme. Judas le mal aimé a donc trahi le Christ par amour — ce qui n’est pas si éloigné des exégèses fascinantes qui courent sur le personnage, dont le sacrifice infâmant a... [Lire la suite]
Posté par Ernesto Violin à 14:16 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags :
16 mars 2011

Reggiani, 1/6

Serge Reggiani n’est pas qu’un immense chanteur au regard humide, c’est aussi, même s’il n’a pas écrit de chanson, un véritable auteur, avec une vision très personnelle de l’humanité. Peu importe qu’il se lance dans une parodie ou un drame : si l’on met bout à bout tous les titres qu’il a interprétés en trente ans et quelques de carrière, l’impression d’unité (ou de redondance, selon l’humeur) est glaçante. Il y a là une mine, une galerie de portraits où chaque détail compte. Il creuse, et nous laisse empêtrés dans les... [Lire la suite]
Posté par Ernesto Violin à 11:17 - - Commentaires [7] - Permalien [#]
Tags :
24 septembre 2010

Chercher la Noise

Il ne faut jamais souhaiter du mal aux gens, et pourtant... Depuis quand n'avait-il pas sonné comme ça ? Sleeps With Angels ? Peut-être. Eldorado ? Tonight's The Night ? N'exagérons pas. Sonné comme quoi, d'ailleurs ? Neil Young, et c'est sa principale qualité, a toujours été maladroit, instinctif, naïf. Autiste, si l'on en croit la légende. Quand il est amoureux, il sort un disque de country rock apaisé, chante les vaches du Wyoming et les soirées camomille au coin du feu. Quand il s'ennuie, son esprit s'étiole, et se met à... [Lire la suite]
Posté par Ernesto Violin à 23:22 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
Tags :
17 septembre 2010

Le volcan de la littérature s'est réveillé

Les nombreux lecteurs du Bûcher le savent : je ne verse généralement pas dans le copinage. Mieux : j'aurais plutôt tendance à enfoncer le travail d'un ami, par jalousie, par jeu. Et ce sans la moindre honte. Me sachant coupable d'être en vie comme tout bon chrétien, j'ai de la culpabilité une image absolue, totalitaire : les crimes d'ordre inférieur ne me touchent plus. Ils ont cessé de me tourmenter. Ma jeune peau, longtemps marquée par le tison du désespoir — un cierge fiévreux que l'Enfer seul peut porter à de telles températures —... [Lire la suite]
Posté par Ernesto Violin à 17:31 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,