rattlesnakes

A l'heure où vient de sortir un coffret de quatre disques consacrés aux faces B de Lloyd Cole (il faut être physiquement entraîné ou mort pour supporter une écoute intégrale), il convient de revenir sur son meilleur travail, le premier album des Commotions.

Lloyd Cole est un personnage très attachant. Affecté dans à peu près tout ce qu'il entreprend. Posant sur chaque photographie comme s'il allait se pendre dans la matinée. Il cite pêle-mêle et sans raisons apparentes des noms d'auteurs ou d'actrices, comme s'il avait volé le bottin de Morrissey. Et comme le leader des Smiths, il ne rit jamais, ce qui le rend encore plus drôle. On l'imagine se prendre des tomates sur scène après une blague ratée et rester imperturbable. Mais voilà, il n'y a pas que de la bouffonnerie chez Lloyd Cole. Les morceaux de Rattlesnakes sont réellement épatants. Ses textes cryptiques et référencés sont souvent hilarants, même quand ils sont tristes (2CV). Il a bon goût, et reprend Kris Kristofferson, Burt Bacharach ou Leonard Cohen. Ce qui est déjà beaucoup pour un Ecossais.

S'il a publié de bons albums par la suite (surtout Don't get weird on me babe, avec sa face orchestrale), ce premier disque remporte la palme de la meilleure collection de chansons. On a plus ou moins affaire à de la jangly pop comme les Smiths, mais mieux écrite (tous les riffs, refrains, et ponts sont d'une redoutable efficacité, et ne se cachent pas derrière des paroles navrantes comme les premiers REM.) Citer les meilleurs titres ne servirait à rien, ils sont tous bons — tout au plus peut-on mettre en évidence la merveilleuse chanson titre avec son leitmotiv de violons. Ou l'érogène Forest Fire. Ou le jeu de guitare, toujours parfait. Ou le son, qui n'a pas trop vieilli pour un album de l'époque. Et on remballe.